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  • : Gustave Borjay, jeune futur auteur littéraire déjà en quête de reconnaissance, écrit un livre dont vous n'êtes pas le héros. Suite à de nombreuses sollicitations, il a créé ce blog sur lequel il se livre à coeur ouvert, en parlant de son travail incessant et en livrant ses réflexions toujours si pertinentes. Grâce à lui, vous saurez alors comment écrire un roman narré, un best-seller lucratif, une fiction imaginaire, et comment la publier ou mieux, l'éditer.
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  • : Gustave Borjay
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  • : Homme
  • : 09/04/1985
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  • : Ne faîtes pas l'effort de retenir mon nom car d'ici peu vous le verrez inscrit partout.

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Samedi 4 juillet 2009
Le titre de cet article dit tout, et pourtant il ne faut pas hésiter à le développer. Etrange paradoxe qui ne fera sûrement pas reculer Gustave Borjay, auteur iconoclaste bien connu pour ses prises de position toujours risquées et courageuses.

En effet, le "roi de la pop" Michael Jackson est mort. Et c'est une idée finalement très mauvaise. Que dira-t-on d'un livre où le héros meurt, alors qu'en fait ce héros n'était déjà plus qu'un légume pourrissant dans la puanteur nauséeuse de son réfrigérateur en panne ? On se doute bien que ce héros était déjà mort depuis longtemps, et l'insupportable narration de sa vie végétative qui a suivi n'a pu que dégouter le lecteur de continuer plus avant son oeuvre de déchiffrage. Il eût été tellement plus judicieux de faire expirer le héros en pleine gloire, sur la scène, tel un nouveau Molière ! Voilà pour ce qui est de l'erreur à ne pas commettre lorsqu'on cherche à introduire le tragique dans le merveilleux.

Cependant, des retombées involontaires contribuent à masquer le désastre. Michael Jackson, s'il était effectivement bien sur la touche, n'en avait pas moins une vie non conventionnelle, travaillant sans relâche à désabstraitiser le sens intrinsèque des plus grandes oeuvres cubistes, en montrant par l'évolution de son visage qu'il n'est jamais évident de trouver la limite entre l'abstrait et le figuratif. Il avait de plus oeuvré activement dans l'humanitaire et notamment le droit des enfants, tel un Gandhi de la jeunesse. Sa mort interrompt donc des combats essentiels, dont on espère bien évidemment qu'ils lui survivront et seront repris par des porte-drapeaux toujours plus engagés. On touche cette fois à l'essence-même du tragique en montrant la mort brutale d'une figure toujours plus belle et généreuse.

Enfin, on peut tirer parti de cette mort en apparence bourgeoise et tranquille, mais peut-être justement trop bourgeoise et trop tranquille, pour semer le doute dans l'esprit du lecteur et l'éveiller à certains faits peu connus du grand public. On tombe ainsi dans la filière ésotérique, proche de la théorie du complot, un moyen merveilleux de faire toucher aux gens la vérité, de les sensibiliser à toutes ces tractations louches que les gouvernements souhaiteraient tellement nous cacher.


Enfin, tous les excès étant mauvais, il faut éviter les morts banales certes, mais éviter aussi les survies banales, sous peine de se retrouver par exemple avec un film sur Ingrid Bétancourt, film qui ne nous serait pas infligé si la belle était morte au beau milieu de la jungle, dévorée par quelques bête affamée (vraiment très affamée, prête à tout, réduite aux dernières extrémités, reniant presque l'humanité de sa condition animale) ou tuée par un pauvre geôlier mal payé, tendre et fragile, qui n'en pouvait plus et dont les nerfs ont, cela arriverait pour moins, lâché.

Gustave Borjay vous salue

Par Gustave Borjay - Publié dans : De l'écriture d'un roman
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Samedi 25 avril 2009
C'est à un moment où Gustave Borjay n'a pas envie d'écrire qu'il prend, comme il sait si bien le faire, son destin en main et combat son envie de vagabonder à des occupations vaines ou futiles. Il écrit donc cet article, sublime et insolent, pour dénoncer les défauts qui, de bénins et occasionnels, peuvent devenir sempiternels et dangereux, faisant avorter dans l'oeuf le projet esthétique de l'artiste. (Le titre de cet article s'explique alors : au lieu de se fixer sur le ciel, le but à atteindre, on se concentre désormais sur le toit, les obstacles à surmonter.)

Pour cela, dans un but pédagogique, Gustave Borjay adoptera une structure simple, à la portée de l'humble internaute moyen. Une idée, un exemple. Rien de plus. Après, vous saurez ce qu'il y a à savoir.

Tout d'abord, la paresse. Encore dénommée flemme, inertie oisive ou répugnance au travail, elle est la première à se dresser sur le long chemin de la création artistique. Elle attend, perfide, cachée dans l'ombre, que l'enthousiasme initial s'essouffle, et, au moment qu'elle juge idoine, lui saute férocement à la gorge pour l'achever non sans la plus grande sauvagerie. Après, elle règne en maîtresse, bien décidée à instaurer une grève à durée indéterminée. Une seule solution à cela, le combat spirituel, une volonté de fer comme celle dont sait si bien témoigner Gustave Borjay. Ou autrement, le néant et l'oubli. Pensez notamment à toutes les oeuvres manquées de Raffarin, pourtant promis à un brillant avenir littéraire.

Second défaut, le manque d'inspiration. Là encore, on n'est pas dans une situation incurable. On est même dans le cas précédent, sauf qu'un prétexte a été trouvé pour justifier la paresse : l'échec temporaire de l'imagination. On se situe donc au niveau supérieur, où en plus de la flemme il faut vaincre l'hypocrisie. Un combat apparemment trop exigeant pour Richard Virenque, qui s'est vu forcé de remettre sa plume pour prendre le vélo.

« Rubeus Van Royster ne se le cachait pas, il allait devoir lutter. Il sentait déjà une torpeur languissante envahir de ses brumes son cerveau malade. Aurait-il assez de temps ? Insouciant, il s'était dit, contemplant les chapitres déjà écrits, et constatant qu'il ne lui en restait qu'un à coucher sur le papier, que le plus dur était fait. Mais maintenant, il se reprenait à douter, plongé dans la perplexité, presque découragé, défaitiste de l'instant. Les aventures du petit chiot Bidou prendraient-elles jamais fin ? Pourra-t-il retrouver la tasse manquante de son service à thé, ou même aura-t-il le temps de se coucher avant qu'il fasse nuit ? Van Royster sentait que tout se jouait là, en ce moment terrifiant où il se trouvait, seul, et nu, devant l'attraction séductrice du néant. Son imagination foisonnante aura-t-elle le droit de s'exprimer une dernière fois, pour achever l'oeuvre entreprise, l'oeuvre de toute une vie ?

Non, cela ne devait pas être ! Dans un ultime sursaut d'orgueil, Van Royster arracha sa plume à l'étreinte de l'encrier, et se mit à écrire d'une main fiévreuse quelques mots. Il fut alors pris soudainement d'un soubresaut terrible, qui lui fit renverser la table, puis chuter de sa chaise. Quelqu'un qui se fût trouvé là aurait pu, s'il avait la capacité de voir les choses au ralenti, à contre-jour également, ce quelqu'un aurait pu voir, une demi-seconde, au beau milieu de la chute, le regard soudain lucide, mais anéanti et désespéré, du créateur qui comprend que jamais son oeuvre ne serait achevée. Van Royster, l'écrivain, s'éteignit à l'âge de 82 ans, tombant de sa chaise et s'empalant sur sa plume, et laissant derrière-lui, inconsolable, Bidou le petit chiot. »

Du même coup s'arrêtait l'histoire de Bidou.

Par Gustave Borjay - Publié dans : De l'écriture d'un roman
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