Peu de vous auront échappé à la vague sportive importée d'Orient qui a déferlé sur les écrans de télévision ce mois d'Août. Moins encore n'auront découvert ce blog, qui aujourd'hui va s'atteler à
une tâche exigeante : vous montrer via une analyse des derniers jeux olympiques l'importance du point de vue dans la narration.
Le point de vue chinois : avec nos 51 médailles d'or, loin devant les autres nations, nous avons dominé ces jeux, ce qui est pour nous une gloire et un honneur. De plus, l'organisation
extraordinaire de ces jeux aura été une réussite éblouissante. Ce point de vue se tient, il n'y a pas grand chose à ajouter si ce n'est d'autres superlatifs.
Le point de vue américain : avec nos 110 médailles olympiques, nous avons fait mieux que quiconque en dominant le tableau aux médailles. Encore une fois, les Etats-Unis ont su imposer la valeur de
leurs athlètes. Ce point de vue est honnête, et profite du tact de taire les 36 médailles d'or américaines.
Le point de vue français : avec nos 40 médailles olympiques, on a fait un magnifique résultat qui nous vaut la satisfaction de voir Roselyne Bachelot mettre des sandales roses. Là encore, un point
de vue distingué, qui met l'accent sur le nombre total de médailles (car on compte en revanche 7 médailles d'or, et une présence dans une discipline phare, l'athlétisme, qui se solde par moultes
quatrièmes places et autres abandons) plutôt que sur la dégringolade régulière au classement général entamée il y a quelques années. Mais quelle déception pour Laure Manaudou !
Le point de vue jamaïcain : avec nos six médailles d'or en athlétisme, nul doute que nous avons régné sur la discipline emblématique de ces jeux olympiques. Ce point de vue en vaut un autre, et
permet de ne pas parler de l'absence d'autres médailles d'or jamaïcaines dans toute autre discipline.
Voilà résumés les bilans de différentes nations. On peut ajouter en France une certaine humilité qui s'est traduite par des propos du genre de
« Il n'y avait pas la moindre place pour
l'improvisation. Peut-être pas assez d'ailleurs... » (à propos de la cérémonie de clôture) ou encore et toujours des paroles désabusées voire vertueusement indignées sur le stakhanovisme
sportif imposé en Chine, qui n'a évidemment rien à voir avec les méthodes occidentales.
« La Chine à tendance à oublier l'essence du sport », affirmait une chaîne publique fervente
supportrice du Tour de France.
Tout est affaire de point de vue. Vous verrez d'ailleurs dans le Roman de Gustave Borjay que le point de vue narratif est le meilleur qui soit, que le héros a le bon point de vue et que les
méchants ont le mauvais. A moins que vous ne pensiez le contraire.
Gustave Borjay vous salue
En plus des
magnifiques sandales de Roselyne, on pourra à loisir admirer le galbe de ses jambes grâce aux Jeux Olympiques.