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  • : Le livre dont vous n'êtes pas le héros - a blog by Gustave Borjay
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  • : Gustave Borjay, jeune futur auteur littéraire déjà en quête de reconnaissance, écrit un livre dont vous n'êtes pas le héros. Suite à de nombreuses sollicitations, il a créé ce blog sur lequel il se livre à coeur ouvert, en parlant de son travail incessant et en livrant ses réflexions toujours si pertinentes. Grâce à lui, vous saurez alors comment écrire un roman narré, un best-seller lucratif, une fiction imaginaire, et comment la publier ou mieux, l'éditer.
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De l'auteur

  • : Gustave Borjay
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  • : Homme
  • : 09/04/1985
  • : écrivain esprit talent romancier inspiration
  • : Ne faîtes pas l'effort de retenir mon nom car d'ici peu vous le verrez inscrit partout.

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Samedi 1 novembre 2008


ROLES


UN QUIDAM : un quidam

LE STEWARD : le seul steward de l'avion

LES PASSAGERS : les passagers de l'avion

UN PASSAGER : un passager parmi les passagers


ACTE I

SCENE I


Un cockpit d'avion. Beaucoup de monde.

UN QUIDAM (d'une voix assourdie) − Allo ? Ah ça me fait plaisir de t'avoir ! Tu sais, là je suis dans l'avion, on est sur le point de démarrer. Vivement que ce soit fini, car tu sais je n'ai jamais été très à l'aise sur les longs courriers...

LE STEWARD (d'une belle voix mâle, vibrante et chaleureuse) − Mesdames et messieurs, nous allons décoller dans une minute. Nous vous prions d'éteindre vos portables, de redresser vos sièges et de mettre vos ceintures. Nous espérons que vous ferez un agréable voyage en notre compagnie.

Une hôtesse de l'air s'approche du steward, lui glisse quelques mots à l'oreille. Le regard du steward, initialement marron clair, s'obscurcit par paliers, en passant par marron moins clair, marron, marron foncé, brun, brun anthracite, puis carrément noir.

LE STEWARD (d'une voix couverte, quelque peu agitée mais ferme cependant) − Mesdames et messieurs, on m'informe à l'instant que la tour de contrôle a capté un signal non conventionnel. Il... (se raclant la gorge) il y a en ce moment quelqu'un qui téléphone dans l'avion.

LES PASSAGERS (narquois, grossiers voire insolent) − C'est la meilleure ! Quel est le problème ? Est-ce si grave au fond ? De toute façon la conversation va s'arrêter.

LE STEWARD (dans une nuance déjà plus fataliste) − Je l'espère, il faut l'espérer, nous l'espérons tous. (Plus énergique) Que les appels cessent !

LE QUIDAM (d'une voix assourdie) − Je t'entends mal, il y a beaucoup de bruit. Je mets le kit mains libres avec oreillettes.

L'hôtesse, d'une belle démarche alanguie, revient susurrer quelques mots à voix basse au steward.

LE STEWARD (l'air décidé, l'attitude fière, le regard rêveur, la voix solennelle) − Conformément à mon devoir, je me dois de faire cesser cette conversation téléphonique qui, m'avertit-on, continue en ce moment-même.

Le steward glisse quelques mots à une hôtesse de l'air, qui tire alors à bout portant sur le plus proche passager, à l'aide d'un revolver qu'elle tenait dissimulé dans son dos.

LE PASSAGER (déçu) − Raaah.

LE STEWARD (blasé, mais avec la satisfaction du devoir accompli) − Mesdames et messieurs, ne paniquez pas. Cependant, sachez que tant que la conversation téléphonique n'aura pas cessé, je donnerai l'ordre, toutes les minutes, de tuer un passager, que cela vous plaise ou non. Son billet sera évidemment remboursé et l'argent envoyé à ses proches. Nous vous prions de nous excuser du contretemps lié à la procédure.

LES PASSAGERS (un peu nerveux, criant par saccades aiguës) − Mais c'est ignoble ! Ce n'est pas vraiment pas commercial. Que faire ?

LE QUIDAM (se levant discrètement au fond du cockpit) − Ecoute, il y a de plus en plus de bruit, ça devient insupportable, je vais aller aux toilettes, là je pourrai te parler plus tranquillement.

Le quidam va aux toilettes, ferme la porte et son verrou. Le rideau se referme sous les applaudissements du public.



Cette courte pièce de théâtre, tirée d'une histoire vraie, raconte un drame de la vie de tous les jours. C'est grâce à cela qu'elle n'en est que plus frappante et plus vraie. Sobriété et réalisme sont les artisans des plus grands récits.

Gustave Borjay vous salue.

« Ecoute, tout le monde doit être descendu,
je n'entends plus de bruit, j
e dois te laisser. »

Par Gustave Borjay - Publié dans : De l'écriture d'un roman
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