Aujourd'hui, Gustave Borjay vous donne une nouvelle et virtuose leçon de composition littéraire : osez l'audace, osez la provocation ! Faîtes passer un message dans votre oeuvre, une contestation, et celle-ci n'en aura que plus de résonnance. Pas de meilleure explication que l'exemple suivant, irrévérencieux, insolent, critique politiquement très incorrecte de la misère et de la pauvreté. Une grande vérité pour une oeuvre terriblement engagée.
Trainant son dur fardeau, le malheureux badaud
Cherche son vieux taudis en rentrant du boulot.
Le lieu n'est plus le même et, pleines de dépit,
Quelques âmes en peine se lamentent sans bruit.
Le pauvre homme, interdit, apprend qu'est entamé
Un important chantier par-dessus le quartier.
Le pauvre délogé peut donc se rhabiller
Et pour compensation il n'a qu'à se brosser.
Plus tôt dans la journée le miséreux, déjà,
S'était fait remercier pour raison de quota.
C'était chose courante en l'auguste cité,
Hospitalier refuge des petits ouvriers.
Plus loin, vers la décharge, une détonation
Met fin au lourd calvaire de l'homme en perdition
Qu'importe puisqu'après, les frais de son cercueil
Sont dûment facturés à sa famille en deuil. »
Gustave Borjay vous salue.
Gorgonzola est triste. Il ne reverra plus son
maître.