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  • : Le livre dont vous n'êtes pas le héros - a blog by Gustave Borjay
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  • : Gustave Borjay, jeune futur auteur littéraire déjà en quête de reconnaissance, écrit un livre dont vous n'êtes pas le héros. Suite à de nombreuses sollicitations, il a créé ce blog sur lequel il se livre à coeur ouvert, en parlant de son travail incessant et en livrant ses réflexions toujours si pertinentes. Grâce à lui, vous saurez alors comment écrire un roman narré, un best-seller lucratif, une fiction imaginaire, et comment la publier ou mieux, l'éditer.
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De l'auteur

  • : Gustave Borjay
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  • : Homme
  • : 09/04/1985
  • : écrivain esprit talent romancier inspiration
  • : Ne faîtes pas l'effort de retenir mon nom car d'ici peu vous le verrez inscrit partout.

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De l'écriture d'un roman

Samedi 24 octobre 2009
De retour après un été survolté, où il se sera battu face aux paparazzis, aura défendu ses opinions dans les plus hauts cercles politiques, aura milité pour la survie des pingouins en Centrafrique et se sera une énième fois engagé en faveur du dépistage systématique du rhume, Gustave Borjay reprend les commandes de son emblématique blog pour aider l'écrivain amateur à accoucher de son œuvre.

En effet, s'il manque définitivement à votre récit une touche profonde, une justification poétique et philosophique en même temps, c'est peut-être bien que vous avez encore tout à apprendre du maître Borjay. Ca tombe bien, cet article écrit par ses soins est sans aucun doute en passe de remédier - au moins partiellement - à votre problème.

Bref, pour résumer, vous avez créé une histoire terne, où un héros médiocre s'est inexplicablement détaché de la masse dans laquelle il a pourtant été élevé tel un poulet fermier dans sa ferme. Pour développer cette idée, vous avez réussi à brosser ce portrait réaliste d'un individu au passé minable devenant quelqu'un. (Si vous avez développé le portrait d'un individu minable restant minable, vous avez certes le mérite de la cohérence mais il faut souhaiter que le lecteur ne sera pas surpris par tant d'imprévu.) (Si votre individu a un passé déjà extraordinaire, il n'en reste pas moins qu'il faut faire accepter ce passé extraordinaire qui sort d'un monde ordinaire.)

Maintenant que vous avez atteint ce paragraphe, sortant victorieux de la lecture des précédents, toujours plus motivés par la découverte des conseils inappréciables de l'Ecrivain, c'est que votre héros n'a pas de fondement à sa supériorité. C'est alors à vous de choisir : hasard ou prédestination ? Dans le doute, suivez le naturel, observez autour de vous, et vous arriverez ainsi à la conclusion que suivre la nature, c'est opter pour la prédestination, pour l'élection surnaturelle.

Un exemple simple : prenons un homme dont la haute moralité est mise en doute à cause d'un livre imprudent que ce dernier a écrit, et en dépit de la chasse aux sorcières pédophiles il ne fait pas l'objet d'une poursuite du procureur, comment justifier cela ? Dîtes simplement que ce personnage est haut placé sur l'échiquier politique, ce qui lui confère ainsi une moralité à toute épreuve.

Ou encore, une variante pour ceux qui en redemandent : vous avez dépeint un jeune personnage, beau et insouciant, en licence universitaire, qui va se retrouver dans un très beau poste très en vue (qu'il va cependant décliner pour en accepter un tout aussi beau mais moins en vue). Ainsi, il commence une carrière politique qui s'avèrera, n'en doutons pas, prometteuse. Comment justifier une élection du sort aussi tarabiscotée ? N'hésitez pas, mettez le paquet en soutenant à haute voix que ce jeune homme est le dernier rejeton de la lignée dirigeante élue de droit divin ! On peut même faire varier cette histoire avec l'accession de la fille d'un politicien écologique à la tête du parti de son père - tout est possible après tout.

Dernier exemple, et non des moindres, vous avez sous vos yeux une menace relayée par les médias du monde entier, et pourtant elle semble ne pas se concrétiser ? Allez-y cash, jetez vos derniers atouts, soutenez vous aussi sa dangerosité, et si rien ne se passe c'est dangereux quand même, et vers la fin dévoilez en fait les gros intérêts économiques qui sont en jeu (et les lecteurs pris en traîtres diront « Ah mais oui, bien sûr, c'est évident, il y avait des gros sous derrière ! »). Ne voyez dans ce dernier paragraphe qu'une discrète réécriture du bug de l'an 2000.

Voilà, une fois de plus vous êtes redevable au grand Borjay de l'amélioration notable de votre production. Gardez la tête froide cependant, vous n'y avez aucun mérite. Et pour le cas de M Borjay lui-même, s'il est si successful, si génial, si généreux en même temps, il n'y a là aucune élection divine mais son seul mérite (on peut à la rigueur parler d'élection divine dans la mesure où il s'est lui-même choisi).

Gustave Borjay vous salue.

 
Sauver les pingouins en Centrafrique, c'est d'abord les aider
à regarder à gauche puis à droite avant de traverser.

Par Gustave Borjay
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Samedi 4 juillet 2009
Le titre de cet article dit tout, et pourtant il ne faut pas hésiter à le développer. Etrange paradoxe qui ne fera sûrement pas reculer Gustave Borjay, auteur iconoclaste bien connu pour ses prises de position toujours risquées et courageuses.

En effet, le "roi de la pop" Michael Jackson est mort. Et c'est une idée finalement très mauvaise. Que dira-t-on d'un livre où le héros meurt, alors qu'en fait ce héros n'était déjà plus qu'un légume pourrissant dans la puanteur nauséeuse de son réfrigérateur en panne ? On se doute bien que ce héros était déjà mort depuis longtemps, et l'insupportable narration de sa vie végétative qui a suivi n'a pu que dégouter le lecteur de continuer plus avant son oeuvre de déchiffrage. Il eût été tellement plus judicieux de faire expirer le héros en pleine gloire, sur la scène, tel un nouveau Molière ! Voilà pour ce qui est de l'erreur à ne pas commettre lorsqu'on cherche à introduire le tragique dans le merveilleux.

Cependant, des retombées involontaires contribuent à masquer le désastre. Michael Jackson, s'il était effectivement bien sur la touche, n'en avait pas moins une vie non conventionnelle, travaillant sans relâche à désabstraitiser le sens intrinsèque des plus grandes oeuvres cubistes, en montrant par l'évolution de son visage qu'il n'est jamais évident de trouver la limite entre l'abstrait et le figuratif. Il avait de plus oeuvré activement dans l'humanitaire et notamment le droit des enfants, tel un Gandhi de la jeunesse. Sa mort interrompt donc des combats essentiels, dont on espère bien évidemment qu'ils lui survivront et seront repris par des porte-drapeaux toujours plus engagés. On touche cette fois à l'essence-même du tragique en montrant la mort brutale d'une figure toujours plus belle et généreuse.

Enfin, on peut tirer parti de cette mort en apparence bourgeoise et tranquille, mais peut-être justement trop bourgeoise et trop tranquille, pour semer le doute dans l'esprit du lecteur et l'éveiller à certains faits peu connus du grand public. On tombe ainsi dans la filière ésotérique, proche de la théorie du complot, un moyen merveilleux de faire toucher aux gens la vérité, de les sensibiliser à toutes ces tractations louches que les gouvernements souhaiteraient tellement nous cacher.


Enfin, tous les excès étant mauvais, il faut éviter les morts banales certes, mais éviter aussi les survies banales, sous peine de se retrouver par exemple avec un film sur Ingrid Bétancourt, film qui ne nous serait pas infligé si la belle était morte au beau milieu de la jungle, dévorée par quelques bête affamée (vraiment très affamée, prête à tout, réduite aux dernières extrémités, reniant presque l'humanité de sa condition animale) ou tuée par un pauvre geôlier mal payé, tendre et fragile, qui n'en pouvait plus et dont les nerfs ont, cela arriverait pour moins, lâché.

Gustave Borjay vous salue

Par Gustave Borjay
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